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thème: le Réchauffement Climatique

Citation:

"Le réchauffement est irréversible"

Louis-Gilles Francoeur

Snow on Kilimanjaro


Snow and Ice on Kilimanjaro
From the website of
NASA Earth Observatory


According to Professor Lonnie Thompson, Ohio State University, Kilimanjaro’s ice fields could be gone by the year 2020. In his October 18, 2002, article in the journal Science, Thompson and his co-authors note that the ice on the summit, which formed more than 11,000 years ago, has dwindled by 82 percent over the past century. The authors note that the recent, dramatic decline in Kilimanjaro’s ice cap is particularly remarkable given its persistence through many previous shifts in climate, including a severe 300-year-long drought that impacted human populations living in the area about 4,000 years ago.

The images above show two perspective views of Mt. Kilimanjaro on Feb. 17, 1993 (top), and on Feb. 21, 2000 (bottom). These images were acquired by the Landsat 5 and Landsat 7 satellites, respectively. The scenes show heavily vegetated terrain (green colors) around the foot of Kilimanjaro, while the vegetation is relatively sparse up the flanks of the 5,895-meter-tall (19,335-foot) stratovolcano. The light browns at higher elevations show mostly rock and bare land surface, revealing the crisscrossing drainage patterns etched into Kilimanjaro’s face over the millennia by rain and snowmelt. Here, the images have been draped over a digital elevation model to give a better sense of the mountain’s three-dimensional shape.

It should be noted that the differences in the summit’s appearance in these scenes are due in large part to seasonal variations in snow cover. It is not possible to distinguish seasonal snow from ice in these images, so they cannot be used as an indication of the rate of the loss of ice.

Origine du Réchauffement





cette image, extraite du site du BPRC (Byrd Polar Research Center) ,
montre le recul de la calotte glacière du mont Kilimanjaro (Tanzanie)
entre 1912, 1970 et 2000.







Une explication vulgarisée de l'origine du réchauffement climatique.
De son auteur
Jean-Marc Jancovici ingénieur polytechnicien, expert en climatologie

Pourquoi dit-on que la planète se réchauffe ?
Site de l'auteur -- Conférence de l'auteur


Imaginons un lac de montagne. Lorsque tout est à l'équilibre, il reçoit autant d'eau de l'amont qu'il en déverse vers l'aval et son niveau est constant.

Au moment de la fonte des neiges, le débit entrant va augmenter. Le lac va réagir en montant son niveau jusqu'à ce que le débit sortant (qui augmente avec la hauteur d'eau) devienne égal au débit entrant, puis va se stabiliser à ce niveau. Si, à l'inverse, le débit entrant diminue (par exemple l'été), le lac va baisser jusqu'à ce que le débit sortant devienne faible (l'eau va tout juste affleurer la retenue de sortie) puis il va se stabiliser à ce niveau.

On peut aussi modifier l'écoulement de sortie : si des enfants font un barrage, le niveau va monter jusqu'à ce que, l'eau passant suffisamment par dessus (ou par les trous) le débit sortant équilibre de nouveau le débit entrant.

Dans tous les cas de figure, une modification du débit entrant ou sortant a pour effet, après un certain délai, de stabiliser le lac à un niveau différent.
Il en va de notre atmosphère comme de notre lac de montagne.

En effet, tout corps isolé dans l'espace (isolé dans l'espace veut dire "qui ne touche rien d'autre" : c'est bien le cas de notre planète !) et dont la composition ne varie pas a tendance à aller vers un état stable où il émet exactement autant de rayonnement qu'il en reçoit de l'extérieur (comme notre lac a tendance à recevoir autant d'eau qu'il en déverse).

Nous avons vu que la Terre recevait son énergie uniquement du soleil (les étoiles ne nous chauffent pas beaucoup ! Et l'énergie géothermique est parfaitement marginale au regard de l'énergie solaire ; le rapport entre les deux est de l'ordre de 1 pour 10.000). En première approximation, ce rayonnement solaire ne varie pas au cours du temps, du moins pas sur quelques siècles (en fait c'est faux, il varie très légèrement, mais ces variations sont faibles au regard de ce que nous regardons ici).

La Terre émet aussi de l'énergie, uniquement sous forme de rayonnement infrarouge (sur le même principe que les radiateurs du même nom dans certaines salles de bains).

De même que notre lac de montagne, la Terre (avec son atmosphère) a naturellement tendance à rayonner autant d'énergie sous forme d'infrarouges qu'elle reçoit d'énergie du soleil, pour équilibrer les échanges. Comme le rayonnement solaire ne varie pas, cela veut dire que les infrarouges qui quittent l'atmosphère vers l'espace ont tendance à rester à un niveau constant eux aussi.

Les activités modernes de l'homme ont pour conséquence d'augmenter la teneur de l'atmosphère en gaz à effet de serre, qui ne laissent pas bien passer les infrarouges émis par la Terre. L'atmosphère devient donc plus opaque aux infrarouges, qui ont plus de mal à partir vers l'espace (c'est l'élévation du niveau du barrage dans l'analogie avec notre lac, ou l'augmentation de l'épaisseur des vitres dans l'analogie avec la serre).

L'énergie de ces infrarouges supplémentaires retenus prisonniers va chauffer le système atmosphérique et la surface terrestre. De ce fait la Terre va rayonner de plus en plus d'énergie (la quantié d'énergie rayonnée augmente avec la température : un four froid rayonne moins d'énergie qu'un four chaud, ce que tout le monde peut facilement constater !), jusqu'à ce que la partie qui arrive à quitter l'atmosphère soit devenue la même que ce qu'elle était avant l'augmentation de l'effet de serre.

Un nouvel état d'équilibre est atteint (il met quand même quelques siècles après modification de l'atmosphère), mais dans l'intervalle la surface et l'atmosphère se sont réchauffées.

Comme nous sommes désormais en train d'augmenter chaque jour un peu plus l'opacité de l'atmosphère aux infrarouges, le processus décrit ci-dessus est exactement ce qui est en train de se passer aujourd'hui. C'est pour cela que l'on dit que la planète se réchauffe.

Mal de Terre


Extrait de l'oeuvre d'Hubert Reeves
"Mal de Terre"
éd. poche, collection Points Sciences, mars 2005.
En collaboration avec
Frédéric Lenoir Philosophe et sociologue des religions



Frédérique Lenoir
Dans un livre qui a suscité beaucoup de commentaires dans les médias, le Danois Bjorn Lomborg assure que, contrairement aux propos alarmistes des écologistes, la situation de l’humanité ne cesse de progresser.

Hubert Reeves
Les progrès que mentionne Lomborg sont réels. Les économies prospèrent dans toutes les parties du monde. La démocratie et les progrès sociaux gagnent de plus en plus de terrain. La production céréalière s'est considérablement accrue au cours du dernier demi-siècle. La durée moyenne de la vie augmente. La pollution atmosphérique urbaine diminue.

Pourtant il faut ajouter quelques sérieux bémols. Comme nous le verrons au chapitre 3, la production de nourriture mondiale stagne ou est en décroissance depuis près de dix ans alors que, selon les prévisions des démographes, la population mondiale ne plafonnera vraisemblablement pas avant la moitié de ce siècle.

Nombreuses sont les avancées citées par Lomborg qui ne touchent, en fait, que les pays riches. Ainsi la durée moyenne de vie est en forte décroissance dans les pays de l'ex-Union Soviétique et dans ceux de la région subsaharienne (voir chapitre 6). La pollution des villes décroît dans les pays riches, mais empire rapidement dans les pays pauvres. Allez simplement vous promener à Delhi ou à Bangkok, vous regretterez de ne pas avoir un masque à gaz. Avons-nous le droit, du haut de notre confort accru, d'ignorer les quatre cinquièmes de la population humaine?

Mais le point le plus important reste que la plupart de ces avancées se font au prix de la détérioration rapide de l'environnement, qui menace de ne plus pouvoir les supporter. Face au fait que les réserves terrestres ne sont pas infinies, l'expression « croissance économique durable» est une absurdité. L'amélioration des conditions de vie des pays pauvres est en soi une excellente nouvelle. Mais les faits sont là. Si les Chinois et les Indiens avaient autant de voitures par famille que les Américains et les Européens, la consommation de carburant et l'émission de gaz carbonique atteindraient des proportions catastrophiques. À cela s'ajoute l'énorme disparité des niveaux de vie des populations. Moins de 15 % des humains consomment 80 % des réserves naturelles. Le nombre d'êtres humains qui vivent en dessous du seuil de pauvreté s'accroît chaque année. Nous reviendrons sur l'énorme menace que cette disparité fait porter sur l’avenir de la biosphère. Peut-être est-ce là le pire danger.

Un livre comme le sien joue à mon avis un rôle très nocif d'incitation à l'inaction dans une période cruciale où les plus grandes mobilisations sont absolument requises.

Il ne s'agit pas ici, encore une fois, de jouer les prophètes de malheur, mais d'alerter l'opinion publique et les responsables politiques sur les risques catastrophiques auxquels nous nous exposons en continuant d'agir comme si rien de très grave ne pesait sur nos têtes. Il ne faut pas se bercer de l'illusion, héritée du scientisme, que nous trouverons forcément dans le futur les solutions à tous les problèmes qui surgiront. Quand des espèces animales ou végétales disparaissent, il est déjà trop tard. Et si nous sommes un jour confrontés à un emballement incontrôlé de l'effet de serre, il sera aussi trop tard pour sauver l’espèce humaine.