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thème: le Désir

Citation:

"Love is the irresistible desire to be irresistibly desired."

Robert Frost

Desire of Desire




"The innate desire of the animals
is the aspiration of freedom"






From the Book "Introduction to the Reading of Hegel"
Lectures on the Phenomenology of Spirit (1933-1939)
by the political philosopher Alexandre Kojeve
Assembled by Raymond Queneau - Edited by Allan Bloom
Translated by James H. Nichols Jr. - Agora Paperback Editions

Chapitre I : In place of an Introduction - (Numerical version)


Human Desire must be directed toward another Desire. For there to be human Desire, then, there must first be a multiplicity of (animal) Desires. In other words, in order that Self-Consciousness be born from the Sentiment of self, in order that the human reality come into being within the animal reality, this reality must be essentially manifold. Therefore, man can appear on earth only within a herd. That is why the human reality can only be social. But for the herd to become a society, multiplicity of Desires is not sufficient by itself; in addition, the Desires of each member of the herd must be directed - or potentially directed - toward the Desires of the other members. If the human reality is a social reality, society is human only as a set of Desires mutually desiring one another as Desires. Human Desire, or better still, anthropogenetic Desire, produces a free and historical individual, conscious of his individuality, his freedom, his history, and finally, his historicity. Hence, anthropogenetic Desire is different from animal Desire (which produces a natural being, merely living and having only a sentiment of its life) in that it is directed, not toward a real, "positive," given object, but toward another Desire. Thus, in the relationship between man and woman, for example, Desire is human only if the one desires, not the body, but the Desire of the other; if he wants "to possess" or "to assimilate" the Desire taken as Desire - that is to say, if he wants to be "desired" or "loved," or, rather, "recognized" in his human value, in his reality as a human individual. Likewise, Desire directed toward a natural object is human only to the extent that it is "mediated" by the Desire of another directed toward the same object: it is human to desire what others desire, because they desire it. Thus, an object perfectly useless from the biological point of view (such as a medal, or the enemy's flag), can be desired because it is the object of other desires. Such a Desire can only be a human Desire, and human reality, as distinguished from animal reality, is created only by action that satisfies such Desires: human history is the history of desired Desires.

Désir et mauvaise foi





"L'homme qui chavire"
Oeuvre de 1924 du sculpteur et peintre surréaliste
Alberto Giacometti
(1901-1966)








Extrait de l'œuvre de Jean-Paul Sartre «L'être et le néant »
Essai d'ontologie phénoménologique
Edition Gallimard (1943), Collection Tel (2003),


Voici, par exemple, une femme qui s'est rendue à un premier rendez-vous. Elle sait fort bien les intentions que l'homme qui lui parle nourrit à son égard. Elle sait aussi qu'il lui faudra prendre tôt ou tard une décision. Mais elle n'en veut pas sentir l'urgence : elle s'attache seulement à ce qu'offre de respectueux et de discret l'attitude de son partenaire. Elle ne saisit pas cette conduite comme une tentative pour réaliser ce qu'on nomme « les premières approches », c'est-à-dire qu'elle ne veut pas voir les possibilités de développement temporel que présente cette conduite : elle borne ce comportement à ce qu'il est dans le présent, elle ne veut pas lire dans les phrases qu'on lui adresse autre chose que leur sens explicite; si on lui dit : « Je vous admire tant », elle désarme cette phrase de son arrière-fond sexuel, elle attache aux discours et à la conduite de son interlocuteur des significations immédiates qu'elle envisage comme des qualités objectives. L'homme qui lui parle lui semble sincère et respectueux comme la table est ronde ou carrée, comme la tenture murale est bleue ou grise. Et les qualités ainsi attachées à la personne qu'elle écoute se sont ainsi figées dans une permanence chosiste qui n'est autre que la projection dans l'écoulement temporel de leur strict présent. C'est qu'elle n'est pas au fait de ce qu'elle souhaite : elle est profondément sensible au désir qu'elle inspire, mais le désir cru et nu l'humilierait et lui ferait horreur. Pourtant, elle ne trouverait aucun charme à un respect qui serait uniquement du respect. Il faut, pour la satisfaire, un sentiment qui s'adresse tout entier à sa personne, c'est-à-dire à sa liberté plénière, et qui soit une reconnaissance de sa liberté. Mais il faut en même temps que ce sentiment soit tout entier désir, c'est-à-dire qu'il s'adresse à son corps en tant qu'objet. Cette fois donc, elle refuse de saisir le désir pour ce qu'il est, elle ne lui donne même pas de nom, elle ne le reconnaît que dans la mesure où il se transcende vers l'admiration, l'estime, le respect et où il s'absorbe tout entier dans les formes plus élevées qu'il produit, au point de n'y figurer plus que comme une sorte de chaleur et de densité. Mais voici qu'on lui prend la main. Cet acte de son interlocuteur risque de changer la situation en appelant une décision immédiate : abandonner cette main, c'est consentir de soi-même au flirt, c'est s'engager. La retirer, c'est rompre cette harmonie trouble et instable qui fait le charme de l'heure. Il s'agit de reculer le plus loin possible l'instant de la décision. On sait ce qui se produit alors : la jeune femme abandonne sa main, mais ne s'aperçoit pas qu'elle l'abandonne. Elle ne s'en aperçoit pas parce qu'il se trouve par hasard qu'elle est, à ce moment, tout esprit. Elle entraîne son interlocuteur jusqu'aux régions les plus élevées de la spéculation sentimentale, elle parle de la vie, de sa vie, elle se montre sous son aspect essentiel : une personne, une conscience. Et pendant ce temps, le divorce du corps et de l'âme est accompli ; la main repose inerte entre les mains chaudes de son partenaire : ni consentante ni résistante - une chose.
Nous dirons que cette femme est de mauvaise foi. Mais nous voyons aussitôt qu'elle use de différents procédés pour se maintenir dans cette mauvaise foi. Elle a désarmé les conduites de son partenaire en les réduisant à n'être que ce qu'elles sont, c'est-à-dire à exister sur le mode de l'en-soi. Mais elle se permet de jouir de son désir, dans la mesure où elle le saisira comme n'étant pas ce qu'il est, c'est-à-dire où elle en reconnaîtra la transcendance. Enfin, tout en sentant profondément la présence de son propre corps - au point d'être troublée peut-être - elle se réalise comme n'étant pas son propre corps et elle le contemple de son haut comme un objet passif auquel des événements peuvent arriver, mais qui ne saurait ni les provoquer ni les éviter, parce que tous ses possibles sont hors de lui. Quelle unité trouvons-nous dans ces différents aspects de la mauvaise foi ? C'est un certain art de former des concepts contradictoires, c'est-à-dire qui unissent en eux une idée et la négation de cette idée". Le concept de base qui est ainsi engendré utilise la double proprieté de l’être humain, d’être une facticité et une transcendance.

The fantasies of 'it'



From the movie « The Life of David Gale » (2003)

Director: Alan Parker - Writer: Charles Randolph
Actors: Kevin Spacey, Kate Winslet and Laura Linney

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Fantasies have to be unrealistic. Because the moment, the second that you get what you seek, you don't, you can't want it anymore. In order to continue to exist, desire must have its objects perpetually absent. It's not the 'it' that you want, it's the fantasies of 'it'. Desires support crazy fantasies. This is what Pascal means when he says that we are only truly happy when daydreaming about future happiness. Why we say "the hunt is sweeter than the kill", be careful what you wish for, not because you'll get it, because you're doomed not to want it once you do. The lesson of Lacan is: living by you wants will never make you happy. What it means to be fully human is to strive to live by ideas and ideals. Not to measure your life by what you've attained in terms of your desires, but those moments of integrity, compassion, rationality even self sacrifice. Because in the end the only way we can measure the significance of our own lives is by valuing the lives of others.